Entre certification indépendante et engagement de marque, seuls 18% des Français font la différence

Par Louise Caron

Face à un logo vert sur un emballage, le doute persiste. Les labels de durabilité promettent des garanties très variables, dont la portée réelle demeure difficile à discerner pour les acheteurs.

Le sondage Ipsos réalisé pour Max Havelaar France mesure cette confusion. Seuls 18 % des Français différencient clairement une certification indépendante des engagements de marque sans certification externe. À compter du 27 septembre 2026, les règles européennes limiteront les labels dépourvus de garanties vérifiables. Un logo ne prouve pas.

La distinction reste floue pour une large majorité

Les garanties affichées sur les produits demeurent difficiles à départager pour une grande partie des Français. Selon le sondage Ipsos mené pour Max Havelaar France, seuls 18 % distinguent clairement une certification indépendante d’un engagement formulé par une marque sans validation extérieure.

L’étude révèle deux autres degrés de perception parmi les répondants. La différence paraît vague à 44 % d’entre eux, tandis que 38 % ne la voient pas du tout. Cette confusion chez les consommateurs montre qu’un logo ou une promesse ne renseigne pas toujours sur l’origine du contrôle.

69 % de confiance pour les labels d’ONG indépendantes

La crédibilité accordée à un label dépend nettement de l’organisme qui le porte. La confiance envers les ONG indépendantes atteint 69 %, soit 22 points de plus que pour les fabricants. Les labels publics délivrés par l’État recueillent 49 %. Les résultats se répartissent ainsi :

  • ONG indépendante : 69 % ;
  • État : 49 % ;
  • entreprise fabricante : 47 % ;
  • distributeur ou grande surface : 46 %.
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Un écart apparaît aussi lorsque les Français évaluent les garanties sociales. Pour assurer une juste rémunération des agriculteurs, 30 % citent les labels indépendants, contre 20 % pour les marques engagées. Les initiatives des distributeurs ferment la marche avec 9 % des réponses.

Le 27 septembre, une échéance européenne pour les labels

Les nouvelles règles européennes doivent s’appliquer à compter du 27 septembre 2026. La directive européenne 2024/825 réserve les labels aux autorités publiques ou aux systèmes de certification transparents, ouverts sans discrimination et fondés sur des critères élaborés avec des experts et les parties prenantes. Elle impose un contrôle par un tiers indépendant, assorti de procédures de suspension ou de retrait. Max Havelaar France réclame parallèlement une transposition en droit français rapide et ambitieuse, distincte de cette date d’application européenne.

« En exigeant davantage de transparence et un contrôle indépendant, la nouvelle réglementation européenne va dans le bon sens […] »

Valeria Rodriguez, directrice du plaidoyer de Max Havelaar France

Quelles promesses environnementales le texte interdit-il ?

Le dispositif européen encadre aussi les messages écologiques affichés auprès du public. Les allégations environnementales génériques, comme une formule vantant globalement les qualités vertes d’un produit, deviennent interdites lorsqu’elles ne reposent pas sur une justification conforme aux exigences prévues.

Les promesses relatives au climat suivent une règle plus ciblée. Qualifier un produit de « neutre en carbone » ou lui attribuer un impact climatique réduit sera interdit si cette affirmation dépend uniquement de la compensation carbone des émissions de gaz à effet de serre. Le texte ne bannit donc pas toute communication environnementale démontrée.

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Fairtrade/Max Havelaar met en avant ses contrôles indépendants

Max Havelaar France défend un modèle reposant sur des règles accessibles et élaborées collectivement. Ses cahiers des charges publics associent organisations de producteurs et de travailleurs, experts, acteurs économiques et représentants de la société civile. Les audits de FLOCERT vérifient ensuite leur application auprès des structures certifiées.

FLOCERT intervient comme société de certification indépendante au sein du système Fairtrade. Son accréditation ISO 17065 encadre ses activités et atteste le respect des exigences applicables aux organismes certificateurs. Selon l’association, une non-conformité peut conduire à des mesures correctives, à une suspension, puis au retrait de certification si l’entreprise ne respecte pas les règles établies.

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