Les intitulés les plus visibles ne captent plus automatiquement les meilleures paies. Pour 2026, Silkhom décrit des rémunérations dans la tech structurées par la valeur opérationnelle des postes.
Le prompt engineer se situe autour de 50 k€ bruts annuels fixes, tandis que le Chief AI Officer approche 116 k€. Cette hiérarchie des métiers de l’intelligence artificielle récompense moins l’effet de mode que la capacité à déployer, sécuriser et gouverner les systèmes. Les écarts de salaires tracent désormais une frontière nette entre concevoir des usages et porter leur fonctionnement à grande échelle. Le titre ne suffit plus.
Les écarts se creusent sur le marché des salaires technologiques
Silkhom publie en 2026 la sixième édition de son étude des salaires IT, accompagnée de sa première étude consacrée à l’intelligence artificielle. Le baromètre Silkhom 2026 met ainsi face à face deux ensembles de métiers, avec un constat net : les rémunérations suivent désormais des trajectoires très différentes selon les expertises techniques observées.
Cette lecture écarte l’idée d’une hausse uniforme qui profiterait à toute la tech. La polarisation du marché apparaît plutôt entre spécialités recherchées, fonctions mieux pourvues et postes dont la valeur dépend du passage à l’échelle. Pour lire ces chiffres avec justesse, mieux vaut comparer les missions et les compétences plutôt que retenir une tendance globale de portée générale.
À 50 k€, le prompt engineer reste loin des fonctions de déploiement
Dans l’étude IA de Silkhom, le prompt engineer affiche un salaire avoisinant 50 k€. Son cœur de métier, la conception de prompts, demeure moins rémunéré que les fonctions LLMOps ou MLOps. Ce niveau constitue un repère pour 2026 ; il ne démontre ni déclassement du poste ni baisse par rapport aux années précédentes.
Les écarts tiennent à la nature des missions confiées. La mise en production exige de fiabiliser les services, tandis que l’intégration des modèles suppose de les relier aux données, applications et infrastructures existantes. Ces compétences opérationnelles transforment un prototype en outil surveillé et utilisable à grande échelle, ce qui explique leur valorisation supérieure dans les grilles du cabinet.
LLMOps, MLOps et sécurité de l’IA dépassent les 75 k€ ou s’en approchent
Trois spécialités concentrent les rémunérations les plus hautes parmi les métiers techniques de l’IA étudiés par Silkhom. Le MLOps atteint environ 75 k€, le LLMOps 85 k€ et l’AI Security Specialist dépasse 81 k€. Leur point commun réside dans le déploiement des modèles, bien au-delà de la seule phase d’expérimentation en entreprise.
Ces professionnels veillent au fonctionnement concret des solutions après leur lancement. La maintenance des systèmes couvre la surveillance, les incidents, les performances et les mises à jour, alors que la sécurité des modèles vise les vulnérabilités, les détournements et les accès. Cette responsabilité continue sur les outils intégrés aux activités explique les trois niveaux de salaire présentés ci-dessous.
- MLOps : environ 75 k€ bruts annuels fixes.
- LLMOps : environ 85 k€ bruts annuels fixes.
- AI Security Specialist : plus de 81 k€ bruts annuels fixes.
La donnée porte les plus fortes hausses salariales
Les métiers de la donnée signent les hausses les plus marquées du baromètre. Entre les niveaux comparés par Silkhom, les data scientists progressent de 11,8 %, tandis que les data engineers gagnent 10,2 %. Cette progression des rémunérations tranche avec les replis observés dans certaines familles de la cybersécurité durant cette période.
Cette dynamique répond à des usages plus proches de la production. L’ingénierie des données organise la collecte, le nettoyage, la transformation et la circulation des informations nécessaires aux applications analytiques ou d’IA. Sans pipelines fiables, les modèles restent difficiles à alimenter et à suivre ; les entreprises valorisent donc les profils capables de relier qualité technique et besoins métiers.
Cybersécurité : des rémunérations en recul malgré des besoins persistants
Le mouvement s’inverse pour deux métiers opérationnels : le salaire des ingénieurs cybersécurité recule de 8,8 %, celui des DevSecOps de 9,4 %. Silkhom relie ces baisses à une meilleure disponibilité des candidats, nourrie par l’essor des formations et l’arrivée de nouveaux profils opérationnels en cybersécurité sur le marché observé par le cabinet.
Le besoin de protection ne disparaît pas pour autant. Les expertises rares conservent une forte valeur lorsqu’elles touchent à la gouvernance de la sécurité, à l’architecture ou à la gestion des risques. Le recul concerne donc des postes mieux alimentés en candidatures, sans effacer les difficultés de recrutement qui subsistent dans plusieurs champs spécialisés présentés dans cette étude :
- L’architecture des systèmes de protection.
- Le pilotage stratégique des dispositifs.
- L’évaluation des menaces complexes.
Quels postes de direction dépassent les 116 k€ ?
Au sommet de l’étude IA, le chief AI officer approche 116 k€ de rémunération annuelle. Ce montant place la direction de l’IA parmi les fonctions les mieux payées du périmètre étudié. Le rôle associe arbitrages technologiques, encadrement des usages et responsabilités de gouvernance auprès des équipes comme de la direction générale interne.
La comparaison avec les autres dirigeants demande de distinguer moyenne et plafond. La rémunération des cadres dirigeants atteint 118,8 k€ en moyenne pour un VP engineering, tandis qu’un chief data officer senior peut culminer à 160 k€ à Paris. Ce dernier chiffre décrit un maximum parisien expérimenté, et non le salaire moyen promis à chaque titulaire du poste.
Plus de 25 000 candidats analysés, mais des chiffres à contextualiser
Les résultats reposent sur plus de 25 000 candidats analysés entre 2019 et 2026, au sein d’une base de 300 000 profils. La méthodologie du baromètre mobilise les placements des consultants, les besoins transmis par les clients, les fiches de poste et les profils examinés durant les recrutements conduits directement par Silkhom.
Ces données de recrutement ne forment donc pas un recensement exhaustif de toutes les entreprises. Chaque montant désigne un salaire brut annuel fixe, hors primes et part variable. La segmentation géographique sépare Paris, les grandes villes et les régions, car un métier identique peut afficher des repères distincts selon le bassin d’emploi et l’expérience recherchée pour chaque poste.
Le bon repère salarial dépend du poste, de l’expérience et du lieu
Les grilles Silkhom offrent un point de comparaison pour rédiger une offre, préparer une négociation ou construire un budget de recrutement. Votre positionnement salarial gagne en précision lorsque l’intitulé est rapproché des missions réelles, de la localisation et du périmètre technique, plutôt que d’une moyenne isolée appliquée à toute la profession concernée.
L’ancienneté seule ne suffit pas à fixer une rémunération. Le niveau d’expérience se lit aussi dans l’autonomie, la complexité des projets, la capacité à déployer un système et les responsabilités exercées. Candidats et recruteurs peuvent ainsi calibrer leurs attentes avec les mêmes repères, sans assimiler les moyennes ou plafonds publiés à des salaires garantis par un employeur donné.