Chez Meta, le contraste est devenu impossible à dissimuler. Au moment où le groupe promet des gains géants à ses cadres, une nouvelle coupe frappe des salariés déjà secoués.
L’annonce tombe alors que le groupe sort d’un revers judiciaire et pousse plus loin son virage vers l’IA, avec un climat interne que rien ne semble apaiser. Au même moment, la rémunération des dirigeants grimpe, les suppressions de postes se multiplient et les tensions chez Meta cessent d’être un bruit de fond. Stop.
Une nouvelle vague de coupes frappe Reality Labs et d’autres équipes
Le New York Times rapporte qu’environ 700 emplois ont été supprimés chez Meta cette semaine. Une grande part des postes supprimés viserait la division Reality Labs, mais des coupes toucheraient aussi le recrutement, les ventes et plusieurs équipes liées à Facebook.
À Menlo Park, un point restait flou jeudi, à 10 h 54. Aucun document WARN n’apparaissait encore en Californie, si bien que les effectifs en Californie touchés restent inconnus, alors que Reality Labs avait déjà perdu 272 postes dans l’État lors d’une réduction plus large de 1 000 emplois.
Pourquoi six dirigeants peuvent viser des gains hors norme
Meta a réservé ce plan à six responsables : Andrew Bosworth, Chris Cox, Susan Li, Javier Olivan, Dina Powell McCormick et C.J. Mahoney. Le dispositif repose sur des stock-options sur cinq ans accordées à ces cadres dirigeants, hors Mark Zuckerberg, avec un prix d’exercice fixé à l’avance.
Selon Equilar, cité par le New York Times, Bosworth, Cox et Olivan pourraient viser jusqu’à 921 millions de dollars chacun. Meta affirme que cette compensation potentielle dépend d’objectifs de performance très élevés, liés à une forte hausse du titre sur la durée.
This is a big bet. These pay packages will not be realized unless Meta achieves massive future success, benefitting all of our shareholders.
Porte-parole de Meta
L’IA s’impose dans l’organisation voulue par Mark Zuckerberg
En janvier, après la publication des résultats, Mark Zuckerberg a décrit sa feuille de route sur Facebook. Ce recentrage sur l’IA s’appuie sur des outils d’IA internes censés automatiser une partie du travail et alléger la structure.
Il a expliqué qu’un ingénieur très performant pouvait parfois produire seul ce qu’une grande équipe réalisait avant. Cette lecture de la productivité des équipes éclaire la vision de Mark Zuckerberg : moins de strates, des groupes plus réduits et des arbitrages tournés vers l’intelligence artificielle.
Procès perdu, critiques accrues et climat social sous tension
La semaine a été rude pour Meta, condamnée dans une affaire où ses produits étaient accusés d’intégrer des mécanismes addictifs. Ce procès sur l’addiction relance les alertes sur la santé mentale des mineurs, alors que plusieurs familles et élus contestent les effets des réseaux sociaux.
Au même moment, les licenciements nourrissent l’inquiétude en interne. Reuters a évoqué plus tôt ce mois-ci de possibles coupes dépassant 20 % des effectifs, ce qui entretient un climat social tendu après les 11 000 suppressions de 2022, tandis que le dernier dépôt de Meta faisait encore état d’environ 79 000 salariés.