Le gouvernement divise par 4 le soutien aux CFA : l’U2P dénonce une décision désastreuse pour l’apprentissage

Par Louise Caron

Le choc budgétaire frappe un pilier indispensable de l’apprentissage. Derrière la baisse du soutien aux CFA, de 134 à 33 millions d’euros, se joue bien plus qu’une ligne comptable.

Pour l’U2P, le risque dépasse la simple arithmétique budgétaire. Cette décision gouvernementale pourrait casser des équilibres fragiles, surtout là où les centres forment à petits effectifs, loin des grandes métropoles. Ateliers ruraux, quartiers prioritaires, métiers rares, la filière de l’apprentissage pourrait perdre des places, des formateurs, puis des jeunes. Le couperet tombe.

Une coupe budgétaire de 134 à 33 millions d’euros

Le soutien public annoncé pour les CFA change d’échelle brutalement. Le montant passerait de 134 M€ à 33 M€, soit une division par quatre des crédits dont les enveloppes régionales sont suivies par France compétences.

Derrière cette ligne budgétaire, la ventilation nourrit la colère des acteurs de l’apprentissage. Les arbitrages prévoient 11 M€ pour les dépenses de fonctionnement et 22 M€ pour les investissements des CFA, alors que les établissements doivent financer ateliers, équipements et équipes pédagogiques.

L’U2P accuse l’État de fragiliser la filière apprentissage

L’U2P dénonce une décision prise sans concertation suffisante, au risque de casser un outil qui rapproche jeunes et entreprises. Cette organisation patronale représente 3,4 millions d’entreprises, soit les deux tiers des entreprises françaises, avec la CAPEB, la CGAD, la CNAMS, l’UNAPL et la CNATP.

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Son communiqué parle d’un « matraquage budgétaire » après plusieurs restrictions déjà engagées sur l’apprentissage. Pour l’U2P, les apprentis concernés comme les centres de formation paieront le prix d’un choix qui réduit les marges d’action locales.

Formations rurales, quartiers prioritaires et métiers rares en première ligne

La baisse ne frapperait pas toutes les offres de la même manière. L’U2P alerte sur les territoires ruraux et les quartiers prioritaires, où quelques places supprimées peuvent suffire à éloigner durablement un jeune de l’apprentissage.

Les formations à faibles effectifs se retrouvent, elles aussi, exposées à des fermetures. Les métiers en tension et les formations spécialisées, dans l’artisanat, le bâtiment, l’alimentation ou les services, exigent des plateaux techniques coûteux que 33 M€ nationaux ne sécurisent guère.

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