Depuis quelques mois, le regard change, les entreprises françaises élargissent moins leurs recherches vers les États-Unis et resserrent leurs embauches près de leurs bureaux, là où les besoins se concrétisent plus vite.
La bascule n’a rien d’anecdotique, elle tient aux coûts, aux délais, aux visas et à une lecture plus prudente des marchés. Dans ce mouvement, les embauches en France nourrissent le recrutement local, tandis que le vivier européen reprend du poids et que la question de la souveraineté des talents s’impose dans des arbitrages longtemps orientés vers l’Amérique. Rien n’est figé ici, pas encore.
En France, les embauches progressent surtout dans la data, l’IA, la vente et le marketing
Le rapport 2025 de Deel, publié le 11 mars 2026, place la France parmi les marchés qui accélèrent. Sur un an, le pays affiche 62 % de hausse, signe d’une croissance des embauches désormais très ciblée.
Les ouvertures concernent avant tout les métiers de la data et les postes en IA, puis la vente et le marketing. Cette lecture s’appuie sur la 4e édition du Global Hiring Report, fondée sur plus d’un million de contrats actifs suivis en 2025 dans 150 pays.
Pourquoi les recruteurs français privilégient désormais la proximité européenne
Chez les employeurs français, le réflexe local se renforce. En 2025, 50,5 % des recrutements sont réalisés en France, selon Deel. Maxime Hoff y voit une recherche plus nette de souveraineté RH, avec des équipes plus proches et des arbitrages moins dispersés.
Le calcul financier compte aussi. Entre l’Europe et les États-Unis, les écarts de salaires peuvent aller du simple au double, tandis qu’un marché du travail tendu pousse les entreprises à viser des talents de proximité, plus simples à intégrer sans allonger les délais d’embauche.
L’Espagne et l’Allemagne gagnent du terrain quand les États-Unis reculent
La hiérarchie des pays ciblés a changé pour les sociétés françaises. Les recrutements en Espagne progressent, le marché allemand attire davantage, et l’Europe voisine prend de la place dans les feuilles de route des recruteurs, là où d’autres destinations perdent du poids.
Ce mouvement repose sur une mobilité intra-européenne plus fluide. Pour la France, les États-Unis passent de la première place en 2024 à la troisième en 2025, un recul américain relevé par Deel, tandis que l’Espagne et l’Allemagne apparaissent comme des options plus proches et plus lisibles.
Les groupes américains continuent de puiser dans les profils techniques européens
Le reflux n’est donc pas général. Les groupes américains gardent un appétit marqué pour les postes techniques européens et restent, en France comme en Allemagne, parmi les recruteurs étrangers les plus actifs sur les fonctions d’ingénierie et de produit.
Les données de Deel, tirées de plus de 37 000 clients, confirment cette traction via des contrats internationaux. Elle se lit aussi chez les talents en Suède, très recherchés par des employeurs américains qui continuent d’aller chercher en Europe des compétences rares et directement opérationnelles.