Remplacée par une IA, cette femme s’est reconvertie et gagne mieux sa vie : voici son nouveau métier

Par Frederic Becquemin

Pendant des années, elle a traduit des documents techniques, avec la précision qu’exigent les secteurs industriels et juridiques. Puis les logiciels génératifs ont gagné en fiabilité, et ce savoir-faire minutieux a cessé de rassurer.

Face aux devis revus à la baisse, elle a quitté la traduction technique pour viser un autre domaine, plus stable. Sa reconversion professionnelle l’a sortie d’un métier menacé par l’IA et menée vers un poste en RH, avec une hausse de salaire, malgré des écarts salariaux marqués entre la France et les États-Unis.

De la traduction technique à une activité fragilisée par l’IA

Formée dans une école d’interprètes, elle passe trois ans aux États-Unis comme jeune fille au pair, dans une famille new-yorkaise. De retour en France en 2015, elle entre dans une agence de traduction parisienne et se tourne vers la traduction technique, entre notices, appels d’offres et textes scientifiques.

Son quotidien consistait à traduire des manuels, fiches produit et cahiers de procédure sans trahir le vocabulaire des clients. La quête d’une cohérence terminologique structurait au quotidien chaque mission sur des documents industriels, un travail minutieux payé 2 200 euros bruts par mois pendant sept ans dans cette agence parisienne.

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Quand les clients ont choisi ChatGPT pour réduire leurs coûts

À la fin de 2022, plusieurs clients majeurs annoncent qu’ils vont rapatrier la traduction en interne. Leur pari repose sur des outils d’IA capables d’assurer l’automatisation des traductions en quelques secondes, là où une équipe humaine avançait dossier par dossier encore hier.

Elle juge les résultats acceptables, même si certaines nuances s’effacent. Quand ChatGPT s’impose en France en 2023, la logique de réduction des coûts balaie les hésitations, et cette traductrice de 38 ans voit sa trajectoire se rétrécir à grande vitesse, sans vraie marge pour durer longtemps.

Une formation en ressources humaines pour rebondir en quelques mois

Plutôt que d’attendre un retour du marché, elle vise un métier plus tourné vers le lien humain. En septembre 2023, elle entre à L’École Française pour préparer un bachelor RH grâce à une formation à distance prévue sur neuf mois au rythme de sa vie.

Le diplôme, intitulé « Responsable de gestion des ressources humaines », dure neuf mois et elle le valide sans suspendre ses démarches. Portée par un financement par le CPF, sa reconversion en RH prend forme rapidement, au point de lui ouvrir directement des candidatures ciblées vers l’Amérique du Nord.

Un poste mieux payé entre la France et les États-Unis, déjà sous tension

Quatre mois plus tard, une société de la région parisienne la recrute pour accompagner son développement. Cette entreprise, une PME industrielle française, prépare l’ouverture de sa première filiale américaine et cherche un profil bilingue, capable de faire le lien des deux côtés.

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Le poste, payé 2 600 euros bruts par mois, prévoyait des déplacements fréquents et 40 embauches sur trois ans. Puis les tensions entre l’Europe et les États-Unis gèlent le recrutement aux États-Unis depuis plusieurs mois, au point qu’elle songe déjà à partir avant la fin de l’année.

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