Créer son entreprise après une rupture conventionnelle devient un pari plus risqué

Par Frederic Becquemin

La rupture conventionnelle promettait une sortie propre, presque respirable. Pour bien des salariés, elle finançait les premiers pas d’une création d’entreprise, avant les ventes, les clients, les nuits courtes.

Le nouveau cadre resserre cette marge. Avec une indemnisation chômage plus courte, la transition professionnelle perd son coussin financier au moment le moins confortable. Legalstart, après avoir interrogé 727 entrepreneurs, indique que 25,8 % ont lancé leur activité après une rupture conventionnelle. Le risque change de taille.

Une indemnisation plus courte pour les salariés en transition

Le nouveau cadre resserre le temps disponible après une rupture conventionnelle. Les salariés concernés disposent d’une durée d’indemnisation réduite, ce qui transforme une période de transition en course plus serrée entre recherche d’emploi, formation et préparation d’un éventuel projet professionnel.

Le calcul pèse donc dès la signature de l’accord avec l’employeur. Avec la réforme de l’assurance chômage, la baisse des droits se traduit par moins de mois couverts et une trésorerie personnelle plus fragile, avant même les premiers revenus.

La rupture conventionnelle servait de filet de sécurité aux créateurs

Legalstart a interrogé 727 entrepreneurs et le résultat éclaire l’usage concret de la rupture conventionnelle. Dans cet échantillon, 25,8 % ont créé leur société après ce départ négocié, tandis que 31,9 % d’entre eux disent qu’ils ne se seraient pas lancés sans ce dispositif. Le passage à l’entrepreneuriat reposait alors sur un coussin financier utile aux porteurs de projet, surtout pendant les premiers mois d’activité.

Accompagner un créateur, c’est lui donner davantage de chances de réussir. Et lorsqu’une entreprise se développe, c’est toute l’économie qui en bénéficie. Les TPE et PME constituent le socle du tissu économique français ; soutenir leur création, c’est investir dans celles et ceux qui feront l’économie de demain.

Guillaume Limare, Chief Revenue Officer de Legalstart

Les seniors face à une marche plus haute vers l’entrepreneuriat

Chez les 55 ans et plus, le coup de frein apparaît nettement dans les chiffres Legalstart. Parmi ces entrepreneurs seniors, 21 % ont créé leur entreprise après une rupture conventionnelle, et 27,5 % indiquent qu’ils n’auraient pas franchi le pas sans cette protection financière.

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Le resserrement touche surtout les personnes de 57 ans et plus. Leur indemnisation maximale passe de 27 mois à 20,5 mois, soit 6,5 mois de moins, alors que le chômage de longue durée pèse davantage sur les fins de carrière. La sécurisation des parcours vers une activité indépendante devient donc plus incertaine.

Un arbitrage politique aux effets économiques immédiats

L’arbitrage politique dépasse la seule relation entre salarié et employeur. En réduisant le temps de respiration après la rupture conventionnelle, il peut retarder de nouvelles activités économiques qui réclament quelques mois pour tester une offre, trouver des clients et absorber les premières dépenses.

Legalstart relie ce changement au dynamisme économique local et au renouvellement entrepreneurial. Les TPE et PME nourrissent le tissu économique français : moins de créations peut signifier moins de commerces, moins de services de proximité et moins d’emplois autour des bassins de vie.

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