Les AESH peuvent-ils réellement espérer devenir fonctionnaires après le vote à l’Assemblée ?

Une AESH accompagne un élève en classe, sur fond de débat sur sa titularisation
Après le vote du 29 octobre 2026, les AESH attendent la suite du texte sur leur titularisation
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Pour les AESH, la perspective d’être titularisés a soudain pris corps, sans modifier leur contrat. Depuis le vote à l’Assemblée nationale du 29 octobre 2026, l’espoir se heurte déjà à l’attente.

Le chemin reste ouvert, tandis que les besoins des élèves n’attendent pas. Obtenir un statut de fonctionnaire pourrait offrir aux accompagnants une stabilité inédite, mais ce vote ne crée ni postes ni présence supplémentaire dans les classes. Vous voyez la limite de cette victoire lorsque l’accompagnement scolaire prévu pour un enfant fait défaut. Le texte avance. Pas les effectifs.

Une adoption à l’Assemblée, pas encore un nouveau statut

Le 29 octobre 2026, l’Assemblée nationale a adopté un texte porté par Murielle Lepvraud, députée des Côtes-d’Armor, en faveur des AESH. Sa proposition de loi prévoit un corps de catégorie B de la fonction publique pour les accompagnants scolaires. Déjà en 2015, les AESH étaient contractuels ; le vote ne change pas encore leur statut.

Dans les établissements, les contrats restent inchangés après le scrutin. La titularisation des AESH suppose que le texte franchisse les étapes législatives et que son application soit précisée. Dans l’entretien mené par Frédéric Grimaud pour le Café pédagogique, Murielle Lepvraud souligne la portée du vote : une reconnaissance politique du métier, sans entrée immédiate dans la fonction publique.

Le vote n’a pas effacé les divisions politiques

Les députés n’ont pas accueilli le texte d’une seule voix. Selon Murielle Lepvraud, RN, UDR, DEM, EPR et HOR s’y sont opposés en commission, notamment sur son coût. LFI, SOC, EcoS et GDR l’ont soutenu. Ces clivages politiques ont persisté malgré son adoption dans l’hémicycle.

Certains opposants ont rejeté le premier article avant de s’abstenir sur l’ensemble. Murielle Lepvraud attribue ces abstentions parlementaires à un calcul électoral : elle rappelle qu’une proposition comparable avait été signée par certains élus en 2024 et suppose qu’ils redoutaient une réaction défavorable de l’opinion. C’est son interprétation de leurs motivations, non un fait que le scrutin permet d’établir.

Le Sénat inscrira-t-il le texte à son ordre du jour ?

Le vote à l’Assemblée ne met pas fin au parcours législatif. Pour que les sénateurs examinent le texte, celui-ci doit figurer à l’ordre du jour sénatorial. Cette inscription n’est pas acquise, et rien ne permet aujourd’hui d’annoncer une date de mise en œuvre.

Le Sénat pourrait modifier la proposition adoptée par les députés. La navette parlementaire se poursuivrait alors en vue d’une adoption définitive. La promulgation de la loi viendrait après cette adoption, avant son application, qui pourrait exiger des mesures complémentaires. Aucune titularisation automatique n’est garantie.

Désormais, il faut que ce texte soit inscrit à l’ordre du jour du Sénat. J’espère qu’un groupe sénatorial s’en saisira.

Murielle Lepvraud, députée des Côtes-d’Armor, dans un entretien au Café pédagogique

Dans les classes, le manque d’accompagnement reste tangible

Dans les écoles, le vote ne règle ni les salaires ni les absences d’accompagnement. Murielle Lepvraud décrit une précarité salariale qui laisse des AESH sous le seuil de pauvreté. D’après elle, 39 000 élèves n’auraient pas d’AESH en 2026 malgré leurs besoins. Ce manque d’accompagnants peut amener des parents à suspendre leur activité pour s’occuper de leur enfant.

La protestation a gagné les lycées. Murielle Lepvraud relie la mobilisation lycéenne au sort des élèves en situation de handicap : dans l’académie de Créteil, jusqu’à 19 % de ceux ayant besoin d’une AESH n’étaient pas accompagnés en 2025, selon elle. Le statut proposé pourrait favoriser les recrutements ; le vote du 29 octobre n’accorde encore aucun droit nouveau aux AESH.

Source : www.cafepedagogique.net

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